lundi 28 mai 2012

2ème chapitre (1/2)


Tout ça était très bien, mais il fallait faire attention au Ciapacan. Chaque matin, quand le jour se levait, la camionnette grise aux fenêtres grillagées circulait lentement dans les rues de la ville, sans faire de bruit, au ras des trottoirs. Elle rôdait dans les rues encore endormies et brumeuses, à la recherche des chiens et des enfants perdus.
Mondo l'avait aperçue un jour, alors qu'il venait de quitter sa cachette du bord de mer et qu'il traversait un jardin. La camionnette s'était arrêtée à quelques mètres devant lui, et il avait eu juste le temps de se blottir derrière un buisson. Il avait vu la porte arrière s'ouvrir et deux hommes habillés en survêtements gris étaient descendus. Ils portaient deux grands sacs de toile et des cordes. Ils avaient commencé à chercher dans les allées du jardin, et Mondo avait entendu leurs paroles quand ils étaient passés à côté du buisson.
« Il est parti par là. »
« Tu l'as vu ?»
« Oui, il ne doit pas être loin. »
Les deux hommes en gris s'étaient éloignés, chacun dans une direction, et Mondo était resté immobile derrière le buisson, presque sans respirer. Un instant plus tard, il y avait eu un drôle de cri rauque qui s'était étouffé, puis à nouveau le silence. Quand les deux hommes étaient revenus, Mondo avait vu qu'ils portaient quelque chose dans un des sacs. Ils avaient chargé le sac à l'arrière de la camionnette, et Mondo avait entendu encore ces cris aigus qui faisaient mal aux oreilles. C'était un chien qu'on avait enfermé dans le sac. La camionnette grise était repartie sans se presser, avait disparu derrière les arbres du jardin.
Quelqu'un qui passait par là avait dit à Mondo que c'était le Ciapacan qui enlève les chiens qui n'ont pas de maître ; il avait regardé attentivement Mondo, et il avait ajouté, pour lui faire peur, que la camionnette emmenait quelquefois aussi les enfants qui se promenaient au lieu d'aller à l'école. Depuis ce jour, Mondo surveillait tout le temps, sur les côtés, et même derrière lui, pour être sûr de voir venir la camionnette grise.
Aux heures où les enfants sortaient de l'école, ou bien les jours de fête, Mondo savait qu'il n'y avait rien à craindre. C'était quand il y avait peu de monde dans les rues, tôt le matin ou à la tombée de la nuit, qu'il fallait faire attention. C'est peut-être pour cela que Mondo trottait un peu de travers, comme les chiens.


Questionnaire:
En classe vous avez vu l'extrait du film correspondant à ce passage. De quoi parle-t-il?


dimanche 27 mai 2012

1er chapitre (4/4)

C'est un de ces après-midi-là qu'il avait fait la connaissance de Giordan le Pêcheur. Mondo avait entendu à travers le ciment le bruit de pas de quelqu'un qui marchait sur les brise-lames. Il s'était redressé, prêt à aller se cacher, mais il avait vu cet homme d'une cinquantaine d'années qui portait une longue gaule sur son épaule, et il n'avait pas eu peur de lui. L'homme était venu jusqu'à la dalle voisine et il avait fait un petit signe amical avec la main.
« Qu'est-ce que tu fais là ?»
Il s'était installé sur le brise-lames, et il avait sorti de son sac de toile cirée toutes sortes de fils et d'hameçons.
Quand il avait commencé à pêcher, Mondo était venu à côté de lui, sur le brise-lames, et il avait regardé le pêcheur préparer les hameçons. Le pêcheur lui montrait comment on appâte, puis comment on lance, lentement d'abord, et de plus en plus fort à mesure que la ligne se dévide. Il avait prêté sa gaule à Mondo, pour qu'il apprenne à tourner le moulinet d'un geste continu, en balançant un peu la gaule de gauche à droite.
Mondo aimait bien Giordan le Pêcheur, parce qu'il ne lui avait jamais rien demandé. Il avait un visage rougi par le soleil, marqué de rides profondes, et deux petits yeux d'un vert intense qui surprenaient.
Il pêchait longtemps sur le brise-lames, jusqu'à ce que le soleil soit tout près de l'horizon. Giordan ne parlait pas beaucoup, sans doute pour ne pas faire peur aux poissons, mais il riait chaque fois qu'il ramenait une prise. Il décrochait la mâchoire du poisson avec des gestes nets et précis, et il mettait sa capture dans le sac en toile cirée. De temps en temps, Mondo allait
chercher pour lui des crabes gris pour appâter sa ligne. Il descendait au pied des brise-lames, et il guettait entre les touffes d'algues. Quand la vague se retirait,les petits crabes gris sortaient, et Mondo les attrapait à la main. Giordan le Pêcheur les brisait sur la dalle de ciment et les découpait avec un petit canif rouillé.
Un jour, pas très loin en mer, ils avaient vu un grand cargo noir qui glissait sans bruit.
« Comment s'appelle-t-il ? * demandait Mondo.
Giordan le Pêcheur mettait sa main en visière et plissait ses yeux.
« Erythrea », disait-il ; puis il s'étonnait un peu :
« Tu n'as pas de bons yeux. »
« Ce n'est pas cela », disait Mondo. « Je ne sais pas lire. »
« Ah bon ? » disait Giordan.
Ils regardaient longuement le cargo qui passait.
« Qu'est-ce que ça veut dire, le nom du bateau ? » demandait Mondo.
« Erythrea? C'est un nom de pays, sur la côte d'Afrique, sur la mer Rouge. »
« C'est un joli nom », disait Mondo. « Ça doit être un beau pays. »
Mondo réfléchissait un instant.
« Et la mer là-bas s'appelle la mer Rouge ? »
Giordan le Pêcheur riait :
« Tu crois que là-bas la mer est vraiment rouge ? »
« Je ne sais pas », disait Mondo.
« Quand le soleil se couche, la mer devient rouge, c'est vrai. Mais elle s'appelle comme ça à cause des hommes qui vivaient là autrefois. »
Mondo regardait le cargo qui s'éloignait.
« II va sûrement là-bas, vers l'Afrique. »
« C'est loin », disait Giordan le Pêcheur. « II fait très chaud là-bas, il y a beaucoup de soleil et la côte est comme le désert. »
« II y a des palmiers ? »
« Oui, et des plages de sable très longues. Dans la journée, la mer est très bleue, il y a beaucoup de petits bateaux de pêche avec des voiles en forme d'aile, ils naviguent le long de la côte, de village en village. »
« Alors on peut rester assis sur la plage et regarder passer les bateaux ? On reste assis à l'ombre, et on se raconte des histoires en regardant les bateaux sur la mer? »
« Les hommmes travaillent, ils réparent les filets et ils clouent des plaques de zinc sur la coque des bateaux échoués dans le sable. Les enfants vont chercher des brindilles sèches et ils allument des feux sur la plage pour faire chauffer la poix qui sert à colmater les fissures des bateaux. »
Giordan le Pêcheur ne regardait plus sa ligne maintenant. Il regardait au loin, vers l'horizon, comme s'il cherchait à voir vraiment tout cela.
« II y a des requins dans la mer Rouge ? »
« Oui, il y en a toujours un ou deux qui suivent les bateaux, mais les gens sont habitués, ils n'y font pas attention. »
« Ils ne sont pas méchants ? »
« Les requins sont comme les renards, tu sais. Ils sont toujours à la recherche des ordures qui tombent à l'eau, de quelque chose à chaparder. Mais ils ne sont pas méchants. »
« Ça doit être grand, la mer Rouge », disait Mondo.
« Oui, c'est très grand... Il y a beaucoup de villes sur les côtes, des ports qui ont de drôles de noms... Ballul, Barasali, Debba... Massawa, c'est une grande ville toute blanche. Les bateaux vont loin le long de la côte, ils naviguent pendant des jours et des nuits, ils naviguent vers le nord, jusqu'à Ras Kasar, ou bien ils vont vers les îles, à Dahlak Kebir, dans l'archipel des Nora, quelquefois même jusqu'aux îles Farasan, de l'autre côté de la mer. »
Mondo aimait beaucoup les îles.
« Oh oui, il y a beaucoup d'îles, des îles avec des rochers rouges et des plages de sable, et sur les îles il y a des palmiers ! »
« A la saison des pluies, il y a des tempêtes, le vent souffle si fort qu'il déracine les palmiers et qu'il enlève le toit des maisons. »
« Les bateaux font naufrage ? »
« Non, les gens restent chez eux, à l'abri, personne ne sort en mer. »
« Mais ça ne dure pas longtemps. »
« Sur une petite île, il y a un pêcheur avec toute sa famille. Ils vivent dans une maison en feuilles de palmier, au bord de la plage. Le fils aîné du pêcheur est déjà grand, il doit avoir ton âge. Il va sur le bateau avec son père, et il jette les filets dans la mer. Quand il les retire, ils sont remplis de poissons. Il aime beaucoup partir avec son père sur le bateau, il est fort et il sait déjà bien manoeuvrer la voile pour prendre le vent.
Quand il fait beau et que la mer est calme, le pêcheur emmène toute sa famille, ils vont voir des parents et des amis dans les îles voisines, et ils reviennent le soir. »
« Le bateau avance tout seul, sans faire de bruit, et la mer Rouge est toute rouge parce que c'est le coucher de soleil. »
Pendant qu'ils parlaient, le cargo Erythrea avait fait un grand virage sur la mer. Le bateau-pilote revenait en tanguant sur le sillage, et le cargo donnait juste un coup de sirène bref pour dire au revoir.
« Quand est-ce que vous irez là-bas, vous aussi ? » demandait Mondo.
« En Afrique, sur la mer Rouge ? » Giordan le Pêcheur riait. « Je ne peux pas aller là-bas, je dois rester ici, sur la digue. »
« Pourquoi ? »
Il cherchait une réponse.
« Parce que... Parce que moi, je suis un marin qui n'a pas de bateau. »
Puis il recommençait à regarder sa gaule. Quand le soleil était tout près de l'horizon, Giordan le Pêcheur posait la gaule à plat sur la dalle de ciment, et il sortait de la poche de sa veste un sandwich. Il en donnait la moitié à Mondo et ils mangeaient ensemble en regardant les reflets du soleil sur la mer.
Mondo s'en allait avant la nuit, pour chercher unecachette où dormir.
« Au revoir ! » disait Mondo.
« Au revoir ! » disait Giordan. Quand Mondo était un peu éloigné, il lui criait :
« Reviens me voir! Je t'apprendrai à lire. Ce n'est pas difficile. »
Il restait à pêcher jusqu'à ce qu'il fasse tout à fait nuit et que le phare commence à envoyer ses signaux réguliers, toutes les quatre secondes.


Questionnaire:
Comment s'appelle le personnage qui est ami de Mondo?
Pourquoi, selon vous, Mondo l'aime-t-il?

Extrait du film (III)

Commentez ce qui se passe dans cette scène.

Extrait du film (II)


Dans l'oeuvre de Le Clézio, on peut lire des passages sur les dangers qui guettent Mondo. Celui-ci n'y apparaît pas. Trouvez-vous que cela est irréel?

jeudi 24 mai 2012

1er chapitre (3/4)

Mondo marchait vite jusqu'à la jetée qui avance au milieu de la mer. Mondo regardait un instant la mer, en serrant les paupières pour ne pas être ébloui par les reflets du soleil. Le ciel était très bleu, sans nuages, et les vagues courtes étincelaient.
Mondo descendait le petit escalier qui conduit aux brisants. Il aimait beaucoup cet endroit. La digue de pierre était très longue, bordée de gros blocs de ciment rectangulaires. Au bout de la digue, il y avait le phare.
Les oiseaux de mer glissaient dans le vent, planaient, tournaient lentement en poussant des gémissements d'enfant. Ils volaient au-dessus de Mondo, ils frôlaient sa tête et l'appelaient. Mondo jetait les miettes de pain le plus haut qu'il pouvait, et les oiseaux de mer les attrapaient au vol.
Mondo aimait marcher ici, sur les brisants. Il sautait d'un bloc à l'autre, en regardant la mer. Il sentait le vent qui appuyait sur sa joue droite, qui tirait ses cheveux de côté. Le soleil était très chaud, malgré le vent. Les vagues cognaient sur la base des blocs de ciment en faisant jaillir les embruns dans la lumière.
De temps en temps, Mondo s'arrêtait pour regarder la côte. Elle était loin déjà, une bande brune semée de petits parallélépipèdes blancs. Au-dessus des maisons, les collines étaient grises et vertes. La fumée des incendies montait par endroits, faisait une tache bizarre dans le ciel. Mais on ne voyait pas de flammes. "II faudra que j'aille voir là-bas", disait Mondo.
Il pensait aux grandes flammes rouges qui dévoraient les buissons et les forêts de chênes-lièges. Il pensait aussi aux camions des sapeurs-pompiers arrêtés dans les chemins, parce qu'il aimait beaucoup les camions rouges.
A l'ouest, il y avait aussi comme un incendie sur la mer, mais c'était seulement le reflet du soleil. Mondo restait immobile et il sentait les petites flammes des reflets qui dansaient sur ses paupières, puis il continuait son chemin, en sautant sur les brise-lames. Mondo connaissait bien tous les blocs de ciment, ils avaient l'air de gros animaux endormis, à moitié dans l'eau, en train de chauffer leurs dos larges au soleil. Ils portaient de drôles de signes gravés sur leurs dos, des taches brunes, rouges, des coquillages incrustés dans le ciment. A la base des brise-lames, là où la mer battait, le goémon vert faisait un tapis, et il y avait des populations de mollusques aux coquilles blanches.
Mondo connaissait surtout un bloc de ciment, presque au bout de la digue. C'était là qu'il allait toujours s'asseoir, et c'était lui qu'il préférait. C'était un bloc un peu incliné, mais pas trop, et son ciment était usé, très doux. Mondo s'installait sur lui, il s'asseyait en tailleur, et il lui parlait un peu, à voix basse, pour lui dire bonjour. Quelquefois il lui racontait même des histoires pour le distraire, parce qu'il devait sûrement s'ennuyer un peu, à rester là tout le temps, sans pouvoir partir. Alors il lui parlait de voyages, de bateaux et de mer, bien sûr, et puis de ces grands cétacés qui dérivent lentement d'un pôle à l'autre. Le brise-lames ne disait rien, ne bougeait pas, mais il aimait bien les histoires que lui racontait Mondo.
C'était sûrement pour ça qu'il était si doux. Mondo restait longtemps assis sur son brise-lames, à regarder les étincelles sur la mer et à écouter le bruit des vagues. Quand le soleil était plus chaud, vers la fin de l'après-midi, il s'allongeait en chien de fusil, la joue contre le ciment tiède, et il dormait un peu.


Questionnaire:
Mondo adore la nature. Justifiez.


mercredi 23 mai 2012

Extrait du film (I)


A ton avis, cet extrait est fidèle au conte de Le Clézio?

1er chapitre (2/4)



A cette époque-là, il n'habitait vraiment nulle part. Il dormait dans des cachettes, du côté de la plage, ou même plus loin, dans les rochers blancs à la sortie de la ville. C'étaient de bonnes cachettes où personne n'aurait pu le trouver. Les policiers et les gens de l'Assistance n'aiment pas que les enfants vivent comme cela, en liberté, mangeant n'importe quoi et dormant n'importe où. Mais Mondo était malin, il savait quand on le cherchait et il ne se montrait pas.
Quand il n'y avait pas de danger, il se promenait toute la journée dans la ville, en regardant ce qui se passait. Il aimait bien se promener sans but, tourner au coin d'une rue, puis d'une autre, prendre un raccourci, s'arrêter un peu dans un jardin, repartir.
Quand il voyait quelqu'un qui lui plaisait, il allait vers lui, et il lui disait tranquillement :
« Bonjour. Est-ce que vous ne voulez pas m'adopter? »
II y avait des gens qui auraient bien voulu, parce que Mondo avait l'air gentil, avec sa tête ronde et ses yeux brillants. Mais c'était difficile. Les gens ne pouvaient pas l'adopter comme cela, tout de suite. Ils commençaient à lui poser des questions, son âge, son nom, son adresse, où étaient ses parents, et Mondo n'aimait pas beaucoup ces questions-là.
Il répondait : « Je ne sais pas, je ne sais pas. » Et il s'en allait en courant.
Mondo avait trouvé beaucoup d'amis, rien qu'en marchant dans les rues. Mais il ne parlait pas à tout le monde. Ce n'étaient pas des amis pour parler, ou pour jouer. C'étaient des amis pour saluer au passage, très vite, avec un clin d'oeil, ou pour faire un signe de la main, au loin, de l'autre côté de la rue. C'étaient des amis aussi pour manger, comme la dame boulangère qui lui donnait tous les jours un morceau de pain. Elle avait un vieux visage rose, très régulier et très lisse comme une statue italienne. Elle était toujours habillée de noir et ses cheveux blancs tressés étaient coiffés en chignon. Elle avait d'ailleurs un nom italien, elle s'appelait Ida, et Mondo aimait bien entrer dans son magasin. Quelquefois il travaillait pour elle, il allait porter du pain chez les commerçants du voisinage.
Quand il revenait, elle coupait une grosse tranche dans un pain rond et elle la lui tendait, enveloppée dans du papier transparent. Mondo ne lui avait jamais demandé de l'adopter, peut-être parce qu'il l'aimait vraiment bien et que ça l'intimidait.
Mondo marchait lentement vers la mer en mangeant le morceau de pain. Il le cassait par petits bouts, pour le faire durer, et il marchait et mangeait sans se presser. Il paraît qu'il vivait surtout de pain, à cette époque-là. Tout de même il gardait quelques miettes pour donner à des amies mouettes.
Il y avait beaucoup de rues, des places, un jardin public, avant de sentir l'odeur de la mer. D'un coup, elle arrivait dans le vent, avec le bruit monotone des vagues.
A l'extrémité du jardin, il y avait un kiosque à journaux. Mondo s'arrêtait et choisissait un illustré. Il hésitait entre plusieurs histoires d'Akim, et finalement il achetait une histoire de Kit Carson. Mondo choisissait Kit Carson à cause du dessin qui le représentait vêtu de sa fameuse veste à lanières. Puis il cherchait un banc pour lire l'illustré. Ce n'était pas facile, parce qu'il fallait que sur le banc il y ait quelqu'un qui puisse lire les paroles de l'histoire de Kit Carson. Juste avant midi, c'était la bonne heure, parce qu'à ce moment-là il y avait toujours plus ou moins des retraités des Postes qui fumaient leur cigarette en s'ennuyant. Quand Mondo en avait trouvé un, il s'asseyait à côté de lui sur le banc, et il regardait les images en écoutant l'histoire.
Un Indien debout les bras croisés devant Kit Carson disait :
« Dix lunes ont passé et mon peuple est à bout. Qu'on déterre la hache des Anciens ! » Kit Carson levait la main.
« N'écoute pas ta colère, Cheval Fou. Bientôt on te rendra justice. »
« C'est trop tard », disait Cheval Fou. « Vois ! » Il montrait les guerriers massés au bas de la colline.
« Mon peuple a trop attendu. La guerre va commencer, et vous mourrez, et toi aussi tu mourras, Kit Carson! »
Les guerriers obéissaient à l'ordre de Cheval Fou, mais Kit Carson les renversait d'un coup de poing et s'échappait sur son cheval. Il se retournait encore et il criait à Cheval Fou :
« Je reviendrai, et on te rendra justice ! »
Quand Mondo avait entendu l'histoire de Kit Carson, il reprenait l'illustré et il remerciait le retraité.
« Au revoir ! » disait le retraité.
« Au revoir ! » disait Mondo.


Questionnaire:
Dans ce passage, Mondo établit contact avec deux personnes. Dites comment et pourquoi.